Une banale soirée...

 

Rencontre avec un sport exceptionnel,...

à moins que ce soit un art passionnel!

(Décembre 2003)

Encore une fois, lors d'une de ces longues soirées d'hiver, j'échouai devant mon poste de télévision, prête à zapper indéfiniment dans l'espoir de trouver une "cucuterie" regardable! Je zappais donc inlassablement, ma télécommande dans une main, une tasse de thé dans l'autre, et enfouie sous ma couette. Bref, une vraie soirée de célibataire. 

Et ce n'est que tout à coup que je vis tout d'abord un beau, que dis-je?, un magnifique jeune homme, habillé certes de façon spéciale, mais cela n'enlevait rien à son charme... Horreur! Il était suivi par une jeune femme encore plus belle!!! J'allais une nouvelle fois changer de chaîne mais mon doigt se stoppa net : la grâce incarnée défilait devant moi, le coeur tambourinant dans ma poitrine prête à exploser, les yeux brillants, pétillants et avides, je suivais avec attention, sans en perdre ne serait-ce qu'un instant, les va-et-vient de la tunique de la patineuse. Elle virevoltait, tournait, glissait, s'envolait sans que cela ne paraisse d'une quelconque difficulté. L'aisance, la sensualité que ce couple dégageait étaient plus fortes que jamais, leurs regards fusionnaient en un faisceau unique, leurs corps s'entremêlaient sans jamais paraître vulgaires, mais toujours respectueux et désireux de l'autre. La confiance mutuelle qu'ils avaient l'un pour l'autre ne pouvait faire autrement qu'illuminer leurs visages. Ils n'étaient qu'un!, et rien autour d'eux ne semblait les perturber, ils semblaient être autre part. 

Pour moi, il en était de même, j'étais certes en pyjama sur mon canapé mais j'étais transportée, je les suivais, frissonnant devant tant de beauté, j'étais éblouie, terrorisée, mais fascinée. Je sentais la glace sous mes pieds, et l'air de la vitesse entrait dans mes poumons, la musique s'engouffrait dans mes oreilles et m'envoûtait. Le temps d'un instant, je n'étais plus là...

Hélas! la musique finit par s'interrompre, et laissa place aux rugissements de bonheur d'une foule en délire qui, n'ayant pas peur d'avoir les mains meurtries, applaudissait à s'en rompre les phalanges. La patinoire tremblait! Et dans une grâce infinie, les deux artistes saluèrent et s'éclipsèrent  pour disparaître dans l'ombre des coulisses.

C'est ainsi que je fis l'une des plus belles rencontres de ma vie : ma rencontre avec le patinage.

Chloé