Bilan de saison pour l'Equipe de France

Avril 2004

La saison 2003/2004 s’achève sur la très belle médaille d’argent remportée par Brian Joubert lors des championnats du monde. Dans son sillage, le jeune poitevin entraîne une flopée de patineurs progressant très sensiblement dans les classements.

 

Et pourtant, depuis quelques temps, le chemin a été plus qu’escarpé pour l’équipe de France. Il fallait tenir, il fallait se concentrer sur la glace, et rien que sur la glace. Les patineurs ont en effet évolué dans un contexte difficile, marqué par les difficultés financières de la fédération, par le changement de directeur technique national, et enfin marqué par une organisation nouvelle : avant chaque grande échéance les patineurs français sélectionnés se sont retrouvés à la patinoire d’Athis Paray (région parisienne). Ils y ont reçu les ultimes conseils de leurs entraîneurs avant de se lancer corps et âme dans les compétitions !

N’oublions pas les agitations de l’ISU : un nouveau système de notation a été proposé lors du Grand Prix ISU (cf. Article Déc. 2003). En attendant son adoption « définitive », les patineurs ont eu droit à un système que l’on pourrait qualifier « d’intermédiaire » : quatorze juges et un tirage au sort qui retient neuf notes.

Enfin –il ne faudrait pas déroger à la tradition du bon scandale pimentant la compétition !– les membres de l’équipe de France ont découvert, en même que de s’en aller pour Dortmund, l’ouvrage de Jean-Christophe Collin intitulé « Bris de Glace ». Le journaliste de l’Equipe y  relate les différentes « affaires du patinage » depuis la nuit des temps, et il serait –presque !–  tenté de nous faire croire qu’en patinage artistique, il y a quelques gouttes de sueur sportive… pour beaucoup d’arrangements politiques !

 

Le décor est posé, les acteurs vont-ils être bons ?

 

Les classements et les médailles répondent d’eux-mêmes, mais attardons nous tout de même quelques instants sur les points forts de cette saison.

 

2004 est sans conteste l’année de Brian Joubert. Après quelques difficultés en Grand Prix (deux 4ème places et une 2nde place), la réaction de Brian ne se fait pas attendre. Pour les  deux grandes compétitions que sont les championnats d’Europe et du Monde, Brian réalise deux sans faute qui lui permettent de décrocher l’or à Budapest (Europe) et l’argent à Dortmund (Monde). Désormais tout le monde ne parle que de lui ! Même des news magazines, dans lesquels on ne s’attendrait pas à lire des articles sur le patinage artistique, publient des papiers sur notre jeune champion (cf. L’Express du 22/03/2004). Comment expliquer ce succès ? Tout simplement par le talent et le travail de Brian qui, par ailleurs, a su bien s’encadrer. Depuis le début de la saison Brian est entraîné par Laurent Depouilly, et conseillé par Alexeï Yagudin. Mais attention ! Quelques langues fourchues accusent Joubert de « crime d’imitation de Yagudin » ! Joubert a pour ordre de trouver sa propre voie artistique…

La consécration de Brian Joubert ne doit cependant pas faire d’ombre aux autres garçons de l’équipe de France, et en particulier à Frédéric Dambier. Marié depuis peu, Frédéric a fait son petit bonhomme de chemin… Second aux championnats de France, il a obtenu son ticket pour représenter la France lors des compétitions internationales. Aux championnats d’Europe il termine à une injuste 4ème place. Malgré un superbe libre, les réticences des juges l’ont empêché de goûter aux joies du podium. Patience, Frédéric, ton jour viendra !

Et derrière ces deux jeunes hommes, la bataille est rude au sein de l’équipe de France !

Stanick Jeannette, que l’on attendait avec impatience, a manqué son début de saison (blessé). Il n’a fait qu’une brève apparition aux championnats de France où il termine 3ème. Mais cela n’a pas suffit : Stanick n’a pas été sélectionné pour les championnats d’Europe –au grand dam de ses supporters. La fédération a, en effet, choisi de miser sur la jeunesse. Elle veut faire des Djordjevic, Préaubert, Contesti, etc…, les futurs « grands » de l’équipe de France. Ainsi, pour les championnats d’Europe, elle donné sa chance au tout jeune Damien Djordjevic (il finit 19ème ).

Avouons-le, en France, la catégorie Messieurs est actuellement celle qui fait couler le plus d’encre –et pour cause !, la plume des journalistes sportifs aime les médailles… Pourtant, la danse sur glace française reste, elle aussi, dynamique –même après le départ de Marina Anissina et Gwendal Peizerat.

Les élèves de Muriel Boucher-Zazoui, Isabelle Delobel et Olivier Schoenfelder, en sont les principaux représentants. L’an dernier, ils tournaient autour de la dixième place des classements mondiaux. Aujourd’hui, ils sont quatrièmes à l’Europe et sixièmes au Monde. Une progression remarquable quand on connaît la rigidité des hiérarchies en danse sur glace. En analysant plus attentivement les classements, on note qu’ils sont passés devant les Israëliens Chait/Sakhnovski, médaillés de bronze aux mondiaux 2002, et devant les Canadiens Dubreuil/Lauzon, leurs partenaires d’entraînements à Lyon, autrefois mieux classés que les Français…

D’autre part, Roxane Petetin et Mathieu Jost progressent régulièrement ; seconds aux championnats de France, ils terminent 12èmes des championnats d’Europe. Ils enchantent le club des supporters avec leurs programmes virevoltants, et leur porté inversé…

Et ce n’est pas tout pour la danse sur glace ! En effet, l’équipe de Muriel Boucher-Zazoui a en réserve quelques jeunes couples talentueux dont Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat. Ils ont d’ailleurs été propulsés aux championnats du monde par la fédération. Avec leur programme libre sur le thème du « Ché », ils prennent la 20ème place. 

 

L’équipe de France ne peut briller sur tous les fronts, et aujourd’hui les catégories couples et femmes sont quelque peu en perte de vitesse. A en juger par le nombre de concurrents aux championnats de France : trois pour les couples et quatre pour les dames !

La professionnalisation de Sarah Abitbol et Stéphane Bernadis a laissé la catégorie des couples artistiques sans véritables leaders. On se réjouit tout de même du retour de Sabrina Lefrançois et Jérôme Blanchard. Après des moments difficiles (nombreuses blessures, séparation), ils sont à nouveau là –ensemble. On leur souhaite de persévérer et progresser car la pureté et l’émotion de leur patinage ne sauraient laisser indifférents publics et juges ! Marilyn Pla et Yannick Bonheur portent aussi en eux de nombreux espoirs. On les a remarqués lors du Grand Prix ISU.

Enfin, Candice Didier et Anne-Sophie Calvez sont en concurrence dans la catégorie dames. L’une est encore très jeune (16 ans), et de ce fait manque de maturité artistique. (Elle était inscrite pour les championnats d’Europe mais s’est malheureusement blessée et donc, n’a pu participer aux épreuves.) La seconde, à qui l’on reproche parfois son irrégularité, a réalisé de bons programmes lors des championnats du monde, ce qui l’a placée 17ème. A suivre…

 

Ainsi s’achève une nouvelle saison de patinage artistique et de danse sur glace.

Merci à cette équipe de France qui nous offre toujours autant d’émotions sportives. Des émotions qu’elle partage d’ailleurs avec les supporters français, nombreux à s’être déplacés pour soutenir les patineurs lors des grands championnats. Merci à eux aussi.

Et pour ceux qui n’ont pas eu le privilège d’accompagner l’équipe de France à l’étranger, vous pouvez vous rattraper avec les nombreux galas printaniers qui se déroulent dans toutes les grandes villes de l’Hexagone.

 

Fini les compétitions ! Place aux tournées !

 

Anne-Claire

 

Voir le Tableau des résultats