Le Bompard en 600 mots

Un résumé des temps forts de la compétition

(Novembre 2004)

Le Bompard ? Un nouveau-né du Grand Prix ISU ? Pas exactement. Le Trophée Eric Bompard n’est en fait que le nouveau nom –et la société Bompard Cachemire le nouveau sponsor principal– du fameux Trophée Lalique, qui animait chaque année à la mi-novembre, et depuis dix-sept ans, le Palais Omnisport de Paris Bercy.

Pour cette première édition du Bompard, le public parisien a eu le plaisir de voir évoluer un plateau de qualité, parmi lequel des champions d’Europe, du monde… Les supporters français, eux, se sont enthousiasmés pour la médaille d’argent de Brian Joubert et celle de bronze d’Isabelle Delobel et Olivier Schoenfelder.

La compétition messieurs, remportée par le jeune américain Johnny Weir, pourrait peut-être se résumer ainsi : « le triomphe de la grâce face à l’athlétisme ». Les juges semblent en effet avoir privilégié la qualité artistique et l’élégance d’un Weir, aux quadruples d’un Joubert. Ce dernier a cependant effectué un très bon libre sur le thème de Christophe Colomb, en alliant quadruple boucle piqué et séries de petits pas. Ainsi il a pu remonter dans le classement après sa décevante quatrième place à l’issue du programme court.

En danse sur glace, les juges ont préféré la Tosca (Puchini) des russes Navka/Kostomarov à l’originalité africaine des bulgares Denkova/Staviski. Ceux-ci ont d’ailleurs pu constater leur cote d’amour auprès du public français. « Nous avons une fédération peu influente, alors nous trouvons la force de nous battre dans le soutien du public » déclare Albena Denkova en conférence de presse. Voilà qui est dit. Derrière ces deux couples champions et vice champions du monde, les français Delobel/Schoenfelder ont accroché un podium. Grâce à leurs portés athlétiques et esthétiques, l’impression visuelle de leurs programmes reste toujours aussi bonne, mais on aimerait un chouïa plus d’échanges émotionnels entre les deux partenaires.

 

Chez les dames, les sourires candides de Joannie Rochette et Carolina Kostner, respectivement 1 ère et 2 nde, ont séduit l’audience du POPB et… des juges ! Avec leur patinage dynamique et la fraîcheur de leur jeune âge, ces demoiselles ont apporté la preuve qu’il faudra compter sur elles dans les prochaines années. Julia Sebestyen, championne d’Europe en 2004, avoue ne pas avoir su gérer son stress. Elle termine 3 ème.

Enfin, la Chine a marqué de son emprunte la compétition des couples artistiques en remportant deux médailles : l’or pour Shen/Zhao et le bronze pour Pang/Tong. Cette discipline requiert en effet des qualités physiques qui semblent en parfaite adéquation avec la formation des athlètes asiatiques. On n’oublie tout de même pas l’école russe qui se voit récompensée par la 2 nde place de Petrova/Tikhonov, champions du monde en 2000.

Voilà donc ce que la glace de Bercy retiendra de ce premier Bompard. Mais le « off-ice » n’était pas en reste, puisque –tradition oblige en Grand Prix ISU– de nombreuses personnalités du monde du patinage se sont retrouvées dans les gradins. Ainsi, aux détours d’une tribune, on pouvait croiser Ottavio Cinquanta (Président de l’ISU), Norbert Tourne (Président de la FFSG), Philippe Candeloro, Sophie Moniotte,… On note cependant l’absence des champions olympiques Marina Anissina et Gwendal Peizerat.

Enfin, il ne serait pas honnête de clore ce condensé du Bompard sans exprimer le malaise ambiant dans la patinoire : le POPB n’affiche plus complet, les standing ovation se font inexistantes, les journalistes français semblent bouder l’évènement. Que se passe-t-il ? Un problème de communication concernant le remplacement de Lalique par Bompard ? Ou simplement une lassitude ? Les dirigeants de ce sport devront se pencher sur cette « désertion », et tenter d’y remédier en développant leur collaboration avec les médias.

 

Anne-Claire LETKI