Brian Joubert, ce héros !
Les championnats d'Europe 2005 de Brian Joubert :
Revue de presse

(Janvier 2005)

Jeudi soir, la patinoire olympique de Turin a tremblé. Les spectateurs –nombreux– ayant réservé une place pour le libre hommes, ont assisté à un « duel de géants » (L’Equipe, 28 janvier). C’est bien avec un vocabulaire guerrier que les journalistes ont décrit cette compétition : « Brian Joubert saignant est de retour le couteau entre les dents » écrit L. Lejay dans La Nouvelle République, « l’homme de Budapest a su regarder Plushenko dans le blanc des yeux », « plus flingueur que jamais, le Russe a asséné un programme d’une vigueur, voire d’une violence dans les appuis, les attitudes et les poses tout bonnement inouïe. La colère de Plushenko […] s’exprimait dans toute sa splendeur. » (Sports.fr). Une compétition où tous les coups –tous les quads– étaient permis et qui a vu la victoire du « tsar » Evgeni Plushenko. Joubert a perdu son titre, certes, mais il a livré un véritable combat à son grand rival russe.

Et pourtant, qui l’aurait cru ? A quelques jours du début de ces championnats d’Europe, Brian Joubert semblait perdu dans un sombre nuage « j’étais tellement mal qu’à plusieurs reprises j’ai songé à renoncer à ces championnats d’Europe » affirme-t-il.

Cette phrase en dit long sur le mal-être qui a habité le champion français durant de longues semaines hivernales. Véronique Guyon, qui entraîne à nouveau son poulain, s’exprimait dans L’Humanité du 24 janvier en ces termes : « Brian ne va pas bien moralement. Depuis une semaine, on a fait un travail de titan pour lui redonner confiance. » Et le fruit du travail semble bien présent puisque le jeune poitevin a réussi à décrocher une seconde place européenne. A ce propos il expliquait : « Dans ces conditions, ce que j’ai fait est vraiment exceptionnel, je suis fier de moi ! Je m’étonne tout seul, je viens de découvrir quelque chose de plus sur moi ». Une puissante force intérieure peut-être ? Car, sur le thème de Christophe Colomb, Brian a déroulé son libre, avec « l’énergie de l’espoir » (La Nouvelle République). Enchaînant combinaison quadruple-triple, triple axel, petits pas, il a tout donné –jusqu’au malaise.

Alors, Brian Joubert, un patineur en détresse qui livre une bataille des plus sanglantes à son rival, jusqu’à épuisement total, n’est-ce pas digne d’un HEROS ?!!!

 

Anne-Claire LETKI