Où en est Brian Joubert ?

(Juillet 2005)

Après les tourments de la saison qui vient de s’achever, Brian Joubert se devait de retrouver un peu de sérénité. Effacer au plus vite le souvenir de Moscou et s’entraîner sans relâche pour les prochains Jeux. Depuis janvier, Véronique Guyon le coachait à nouveau. Le contrat avait même été prolongé, non sans le concours du ministre des sports, Jean-François Lamour.

Et patatra ! En l’espace de quinze jours, Brian se retrouve encore dans la tempête. Tout d’abord, le 7 juin, il apprend que l’ISU lui a adressé un avertissement formel pour n’avoir pas communiqué son programme d’entraînements. Un fait surprenant puisque Brian a toujours parfaitement rempli ses obligations concernant les contrôles anti-dopage. Il s’agirait, en fait, d’un problème de communication… Selon le président de la FFSG, Norbert Tourne, le 11 février, un courrier a été envoyé à tous les athlètes pour leur demander de fournir leurs plannings ; mais Brian ne l’a pas reçu. Ensuite, N.Tourne a reçu une relance de l’ISU et a alors demandé qu’on envoie un fax à Brian, mais ce fax n’a pas été envoyé. « Entre une lettre qu’il n’a pas reçu et un fax qu’on ne lui a pas envoyé, on en arrive à cette situation. C’est vrai, il y a bavure, à commencer par une bavure de la Poste puisque Brian n’a pas reçu notre courrier. Mais aujourd’hui, l’affaire est réglée » conclut N.Tourne.

Et un malheur n’arrivant jamais seul, le 23 juin, V.Guyon décide de rompre son contrat avec B.Joubert. A priori pour des raisons financières : elle exigeait que l’athlète lui reverse un certain pourcentage de ses « prize money ». Dans l’urgence il a donc fallu retrouver un nouvel entraîneur : c’est un russe, Andreï Berezinstev qui a été choisi. Ce changement n’inquiète pas Brian : « J’ai rencontré Andreï, et le feeling passe bien, on est en accord sur tout.

En fait je le connais depuis que j’ai douze ans. On discutait ensemble lors des compétitions. Alors avec ma mère on a tout de suite penser à lui pour remplacer V.Guyon. »

Et dans tous ces remous, on ne peut ignorer que Didier Gailhaguet, l’ancien président de la FFSG, s’occupe du jeune poitevin –une collaboration qui n’est pas pour plaire à tout le monde… L’union sacrée autour de Brian a tout de même été déclarée. Espérons qu’elle sera respectée et que Brian n’aura pas à souffrir des luttes intestines entre les dirigeants de la « famille » du patinage.

Annonce d’une accalmie ? Le 28 juin dernier, Brian a été récompensé par le Sénat français pour sa saison 2004. « Cette médaille me fait repenser à de bons moments. Mais cette année, je vais essayer de tout gagner », annonce-t-il. On reconnaît là le champion, toujours motivé et concentré sur son but ultime : « Toutes ces histoires ne m’enlèvent pas mon envie de réussir et de travailler. C’est clair » ajoute-t-il. Ça tombe bien parce que l’été sera chargé : des professionnels tels que Lucinda Ruh se rendront à Courchevel pour livrer de précieux conseils à Brian. Des membres de l’ISU et des juges français viendront aussi analyser ses programmes.

Cette fois, Brian semble calé sur les rails olympiques. Que personne ne le fasse changer de voie ! Et surtout pas dérailler !

Anne-Claire LETKI
(propos de Norbert Tourne et Brian Joubert recueillis par ACL)


Pour compléter : 3 questions au président de la FFSG, Norbert Tourne