XX Jeux olympiques d'Hiver - 10-26 février 2006 - Turin

Une affaire de subtilités ...

Que pouvaient-ils faire de mieux ?
Isabelle Delobel et Olivier Schoenfelder ont réalisé une compétition parfaite. Chacun de leur programme fut bien patiné, sans erreur, avec un supplément d’intensité et d’harmonie au fil des trois épreuves. Ils sont même deuxièmes du libre. Quelle belle performance pour le couple lyonnais qui s’entraîne sous la houlette de Muriel Boucher-Zazoui ! Avec leur carnaval de Venise, conté par Jacques-Rémi Azaleig, et mis en musique par Maxime Rodriguez, Isabelle et Olivier ont séduit le public italien. Les juges, un peu moins. En effet, malgré leur seconde place du programme long, le couple obtient la médaille en chocolat : la 4 ème place.
Terrible dénouement. Ils méritaient certainement de monter sur le podium olympique. Les larmes d’Isabelle n’y pourront rien changer.
Alors la question se pose : fallait-il du lobbying pour décrocher une médaille ? Il semble que oui…
Le couple russe à qui on avait promis depuis quatre ans l’or olympique, a été couronné sans suspense. Le jeune couple américain, très soutenu par les puissants médias nord-américains, est monté sur la deuxième marche du podium. – Il n’y aura pas un deuxième scandale autour d’un(e) juge français(e) ! Ouf ! – Et le couple ukrainien, très présent sur les podiums depuis plusieurs saisons, s’est vu, logiquement (selon, bien sûr, la logique des hiérarchies en danse sur glace) une nouvelle fois récompensé.

Mais ne sombrons pas dans la mauvaise foi et le chauvinisme ! Tatiana Navka et Roman Kostomarov ont bien mieux patiné qu’à Lyon. Elle n’était pas encore une vraie Carmen. Presque… Leur programme laissait en tout cas une bien meilleure impression qu’aux championnats d’Europe. De même pour Elena Grushina et Ruslan Goncharov. Ils étaient plus fluides et harmonieux sur la glace qu’ils ne l’avaient été à Lyon. Quant à Tanith Belbin et Benjamin Agosto, comment ne pas se laisser séduire par la fraîcheur de ce couple et sa joie de patiner ?
De quoi se consoler un peu… Le spectacle ne fut pas désagréable…

Malgré tout, il reste un zeste d’amertume, car ce qu’il manquait à Isabelle et Olivier, ce n’était pas la qualité de la glisse, des pas, des portés. Non ! C’était quelque chose de plus abstrait, des subtilités qui se construisent, se solidifient et parfois se trahissent au fil des compétitions et des rencontres…


Anne-Claire LETKI