Interview de

Benjamin DELMAS
Rencontre avec un danseur en manque de glace...

Interview revue et corrigée par Benjamin DELMAS

Tu as arrêté de patiner avec Alia, que fais-tu maintenant, et quels sont tes projets ?

Tout d’abord je voudrais préciser que ce n’est pas moi qui ait arrêté : c’est Alia !

En ce moment je continue à m’entraîner. J’espère retrouver une partenaire rapidement, malheureusement je n’ai pas beaucoup de soutien de la fédération. J’ai fait un essai avec une Ukrainienne, mais cela n’a pas été concluant. Je rentre dans ma vingt-septième année, et si je reviens à la compétition, c’est pour être sur les podiums nationaux.

En plus de mes entraînements, je m’occupe aussi d’un jeune couple de danseurs. Si je ne retrouve pas de partenaire, j’aimerais en effet continuer dans le patinage en tant qu’entraîneur au sein de l’équipe de Muriel (Boucher-Zazoui) à Lyon Charlemagne. Je souhaiterais monter une équipe plus jeune sur benjamins, minimes, cadets, juniors et même novices.

Je pense qu’il n’y aura pas de problèmes pour m’intégrer à l’équipe de Muriel, mais je sais très bien qu’il faut que je fasse mes preuves, et…je ne demande qu’à les faire !

Tu es donc un peu dans l’expectative ?

En ce moment, c’est assez difficile pour moi. Ce qui est le plus dur et le plus affligeant, c’est que cela fait quand même vingt ans que je patine, sur vingt-six ans que je vis, et que du jour au lendemain, tout s’est arrêté ! Je ne suis plus rien aux yeux de la fédération, or j’espérais au moins un minimum de reconnaissance. Je pense que l’on est tous à la recherche d’une certaine reconnaissance, et malheureusement, il n’y en a pas ! Je reçois quand même quelques encouragements et le soutien des supporters, ça me fait chaud au cœur. C’est d’ailleurs la seule chose qui me donne envie de continuer.

J’ai toujours souhaité devenir entraîneur après ma carrière sportive, mais je ne pensais pas qu’elle allait s’arrêter aussi rapidement !

 

As-tu quand même suivi les compétitions de ce début de saison ?

J’aurais aimé aller au Trophée Lalique, mais j’ai eu un problème de places. Effectivement, il n’y avait soi-disant pas de « laisser-passer » (accès aux coulisses), or cela m’aurait été bien utile pour contacter des entraîneurs afin de trouver une partenaire.

Je me suis tout de même mis au courant des résultats.

Quels sont tes pronostics pour la saison ? Quels couples, au niveau national et international, vont percer selon toi ?

Je pense qu’Isabelle et Olivier (Delobel-Schoenfelder) vont faire une assez bonne saison. Je trouve qu’ils ont repris beaucoup de glisse par rapport à l’année dernière lorsqu’ils sont revenus de chez Tarassova. Sinon, Nathalie et Fabian (Péchalat-Bourzat) ont progressé, mais c’est vrai qu’ils sont encore un peu jeunes, il faut qu’ils fassent leur trou en sénior.

Pour moi le couple qui va faire parler de lui cette année, c’est les canadiens Marie-France et Patrice (Dubreuil-Lauzon). Je m’entraîne avec eux tous les jours, et je trouve leur danse originale et leur programme libre magnifiques et impressionants. Je ne sais pas si leurs progrès seront récompensés cette année (du fait qu’ils sont « deuxième couple » au Canada, Bourne-Kraatz continuant) mais ça ne saurait tarder !

Interview réalisée par Anne-Claire et Olivia.