Championnats d'Europe - 17-22 janvier 2006 - Lyon

Interview Alban Préaubert

Pour ses premiers championnats d’Europe, Alban Préaubert a talonné les meilleurs. Sixième à l’issue de la compétition, c’est un début prometteur… Alors qu’il a repris les cours et les partiels à Sup de Co Paris, Alban revient sur sa semaine lyonnaise. Il se montre content, surpris mais surtout motivé !

Esprit Patinage : Es-tu satisfait de tes premiers championnats d’Europe ?
Alban Préaubert : Mon bilan est positif. Je ne pensais pas me situer aussi haut dans la hiérarchie européenne. Je ne pensais pas terminer 6ème ! Je suis très content de mon programme court. Mais sur le libre, j’étais un peu trop crispé. J’ai commis des erreurs que je n’ai pas l’habitude de faire.
Cette semaine, j’ai appris beaucoup de choses. J’ai observé mes idoles et je vais essayer de m’en inspirer. Je pense que j’ai gagné en expérience ; je me sens plus confiant pour la suite. Je commence à me dire qu’un jour, il pourrait y avoir une médaille…

Esprit Patinage : Tu te dis « crispé » sur le libre ; n’est-ce pas ton sans faute sur le court qui t’a mis soudainement une pression ?
Alban Préaubert : Sur le court, je me suis dit que je n’avais rien à perdre. Je voulais juste être dans les 24 premiers pour participer au programme libre. Le stress est venu après. En patinant dans le dernier groupe (pour le libre), dans une ambiance de feu, j’ai pris conscience que j’étais aux championnats d’Europe. J’ai réalisé l’enjeu de ma performance… et j’ai eu les jambes un peu lourdes ! La prochaine fois, je saurai mieux gérer cette situation.

Esprit Patinage : Gardes-tu en mémoire un moment particulier de ces championnats ?
Alban Préaubert : J’ai tout aimé. Après mes sauts dans le programme court, j’ai pu me lâcher et savourer le moment. Il y a aussi eu les six minutes du long. Entendre autant de bruit dans la patinoire, c’était génial, mais ça met aussi un peu de pression sur les épaules ! C’est la première fois que je vois autant de monde dans une patinoire, on se croyait dans un stade de foot ! C’est bien pour le patinage.

Esprit Patinage : Quel est ton programme pour les mois à venir ?
Alban Préaubert : Je suis premier remplaçant aux Jeux. Je me prépare en cas de défaillance d’un des deux sélectionnés ; évidemment je ne leur souhaite pas ! Mais j’espère pouvoir aller à Turin en tant que spectateur, pour baigner un peu dans l’ambiance des Jeux Olympiques. Je veux savoir à quoi m’attendre si j’ai l’occasion d’y participer un jour.
Je vais aussi m’entraîner dans l’optique des championnats du monde ; je ne sais pas encore comment la sélection sera effectuée.
Du point de vue des entraînements proprement dit, je vais travailler le quadruple saut, et aussi l’artistique pour continuer à progresser. J’ai de gros objectifs pour la saison prochaine.

Esprit Patinage : Tu as changé d’entraîneur en début de saison : comment ça se passe ?
Alban Préaubert : Je suis très content ; ça se passe très bien avec Annick Dumont. J’étais depuis longtemps avec Philippe Pélissier. Il m’a beaucoup apporté, mais j’avais besoin de changement. Je ne regrette pas mon choix d’avoir fait confiance à Annick et son équipe. Il y a une bonne ambiance de travail à Champigny et un staff important qui nous encadre. Je me suis bien intégré et j’ai beaucoup progressé. Ça m’a redonné un coup de motivation et j’ai eu beaucoup de plaisir à patiner ces derniers temps.

Esprit Patinage : Vas-tu à nouveau travailler avec N. Morozov pour tes chorégraphies ?
Alban Préaubert : Je pense que oui. Je ne l’ai pas encore planifié avec Annick, mais j’ai vraiment apprécié le travail avec lui cet été. J’adore mes deux programmes de cette saison. Je garderai peut-être le même programme court l’an prochain. Tout cela va se décider dans les deux mois à venir.

Esprit Patinage : Est-ce que les tensions se sont adoucies au sein de l’équipe de France masculine ?
Alban Préaubert : On saura faire la part des choses. En fait, au niveau des athlètes, il n’y a pas eu trop de soucis. Ce sont plutôt les comportements de certains adultes qui ont posé problème. Certains n’ont pas agi comme il fallait, et ont mis les athlètes dans une situation difficile. Brian nous a beaucoup soutenu pendant cette affaire.

Esprit Patinage : En parallèle du patinage, tu suis des études de haut niveau ?
Alban Préaubert : Je suis à Sup de Co Paris depuis septembre, après avoir fait un Deug d’économie-gestion. Sup de Co est une école qui se fait en trois ans, mais avec mon statut de sportif de haut niveau, je peux étaler la formation en 4 ou 7 ans. Je vise de la faire en 4 ans…

Propos recueillis par Anne-Claire LETKI