« Les hommes de l’Equipe de France »

 

Bilan de saison avec Brian et Frédéric

 

 

Lors du gala d’Annecy 2004, Esprit Patinage a rencontré Brian et Frédéric :

une occasion d’évoquer cette saison 2003/2004, riche en émotions et en médailles…

Frédéric Dambier

Es-tu satisfait de ta saison ? Quel bilan en tires-tu ?

 

Oui, forcément, je suis très satisfait de cette saison –ma meilleure saison jusque là.

Je commence avec des masters qui sont plus qu’encourageants en début de saison. Ensuite, à Vienne, je gagne. Le Lalique, c’est une déception parce que le programme court me fait un peu perdre toutes mes chances. Malgré un libre honorable, je n’ai pas pu beaucoup remonter dans le classement. Puis vient ma troisième place en Russie, c’est par ailleurs mon premier podium en coupe du monde donc là c’était génial. Pour les championnats de France, il y a eu une super bataille avec Brian. Je pense qu’on s’est bien battu tous les deux, et ça n’a fait qu’élever notre niveau. Après il y a eu ces championnats d’Europe où je présente trois super programmes. Je suis vraiment très satisfait.

 

Tu aurais mérité la troisième place…

 

C’est du patinage, on sait comment c’est… Il faut apprendre de tout ça. Je n’ai absolument rien à regretter.

Pour les championnats du monde, j’avais des choses à travailler et je l’ai fait. J’ai réalisé une bonne compétition, bien que je tombe sur la combinaison quadruple-triple du programme court. Aux championnats d’Europe, j’avais fait quadruple-double, donc je me devais de faire une marche au dessus avec quadruple-triple. De plus, je suis arrivé aux championnats du monde avec une blessure au dos et j’ai vraiment cru que j’allais déclarer forfait.

En bref, c’est une saison très satisfaisante avec de très bonnes choses.

 

Quel est ton programme pour cet été ?

 

Je termine d’abord la tournée équipe de France, ensuite j’ai quelques galas en mai et en juin. Puis, toujours en juin, je pars aux Etats-Unis chez Zuhlin pour monter mes programmes. Après quelques jours de vacances, j’attaque fin juin à Courchevel pour sept semaines, comme chaque été depuis pas mal d’années. Je fais sept semaines d’affilée, ensuite je prends deux semaines de vacances. Et très vite, ça repart pour les compétitions avec les Masters qui ont lieu encore très très tôt. Il n’y a donc pas beaucoup de changements de programme par rapport aux années passées.

 

Comment trouves-tu l’ambiance des galas de la Tournée de l’Equipe de France ?

 

C’est une super ambiance. Je pense que ça se ressent quand on regarde le spectacle. C’est une équipe de France qui est jeune, qui a des ambitions, qui ne se prend pas la tête, qui est super contente d’être là. On est tous très heureux de patiner. Personne ne rechigne à faire des autographes, personne ne rechigne à faire des rappels. Il n’y a pas de divas. Quelqu’un comme Brian, qui pourtant a un palmarès déjà conséquent, ne se prend pas la tête. Enfin, c’est l’image d’une équipe de France qui donne peut-être beaucoup aux gens, mais qui en reçoit énormément aussi.

Est-ce qu’au sein de l’équipe, vous avez le sentiment que Brian est le nouveau leader ?

 

Forcément, on peut dire que c’est le leader car c’est lui qui a les résultats. Un leader, de toute façon, c’est souvent celui qui a les résultats. Cependant, il n’a pas une personnalité qui le sorte du lot et qui en fasse véritablement un leader. En fait, Brian, c’est surtout une locomotive. Pour revenir sur les championnats de France, on se rend compte que, Brian et moi, on se bat à un juge près sur le programme court. Pour lui, qui était alors vice champion d’Europe, se faire battre par un deuxième français, ce n’est pas très bon, donc ça le pousse vers le haut. Et pour moi non seulement je peux réussir à battre un Brian Joubert, mais surtout je peux battre celui qui est second aux championnats d’Europe. En bref, ça nous fait tous progresser. Les autres voient qu’en travaillant, et en travaillant toujours, on peut avoir des résultats. Brian est vraiment une locomotive et c’est très très bien pour l’équipe de France.

 

Comment est le public lors de cette tournée ?

 

Pour l’instant, on n’a pas eu de salles pleines. Il faut bien l’avouer, on n’a pas eu autant de public que l’on aurait voulu. Mais par contre, c’est un public extra. Hier, on a fait Brive, il n’y avait pas forcément beaucoup de monde mais tout les gens étaient debout pendant toute la deuxième partie, c’était génial ! Le public sort de la patinoire en disant : « ça fait longtemps que l’on n’a pas vu un spectacle de l’équipe de France comme ça. » Ce sont des échos qui nous font plaisir. De même, lorsque les gens nous confient : « c’est génial, on voit une équipe, on voit des gens qui s’amusent », ça nous touche beaucoup car les gens ressentent le plaisir que l’on a de patiner ensemble. Il est vrai qu’on s’amuse beaucoup. Par exemple, on élit chaque soir un maillon faible qui devra « imposer » des éléments pour les programmes des galas suivants (à Annecy c’était la roue).

 

Propos recueillis par Anne-Claire.

 

 

 

 

 

 

Voir interview de Brian Joubert