Interview

Gwendal PEIZERAT
Un regard sincère sur une très belle carrière...

 

Par Anne-Claire.

Interview revue et corrigée par Gwendal PEIZERAT.

Bientôt deux ans après les Jeux de Salt Lake City, bientôt deux ans après avoir décroché l’or olympique, Gwendal Peizerat revient pour Esprit Patinage et pour vous, sur les dix années de danse sur glace partagées avec sa partenaire Marina Anissina. Une occasion pour tous de se replonger dans l’atmosphère des compétitions où l’on attendait avec impatience, avec excitation la performance de Marina et Gwendal, une occasion aussi de frissonner à l’évocation des programmes qui nous ont fait rêver, qui nous ont envoûtés…, une occasion enfin de découvrir ce qui a fait la magie de ce couple et de comprendre comment Gwendal a tracé son chemin aux côtés de son impétueuse partenaire.

 

 

Retour sur programmes...

Marina et toi avez commencé votre carrière amateur avec un flamenco, et vous l’avez aussi terminée avec un flamenco, qui restera d’ailleurs dans la mémoire de la danse sur glace : est-ce un signe du destin ?

Je crois que l’on n’y est pas pour grand-chose, en effet le choix du thème et de la musique de notre premier programme libre en 1994 a été fait par notre chorégraphe de l’époque. Et en ce qui concerne la danse originale 2002, c’est un choix de l’ISU, donc on peut dire que c’est le destin qui a voulu que les choses se passent comme ça ; c’est assez marrant.

Quelles sont tes impressions en revoyant ces photos ?

J’étais mignon avec les cheveux courts ! (rires)

Ces photos m’évoquent notre première compétition à Bratislava, une première compétition que l’on a gagnée mais où l’on a ramé comme des fous parce que l’on n’arrivait pas à se comprendre, on parlait douze langues à la fois !

Marina a dit qu’elle appréciait tout particulièrement la danse originale de 2002, et toi ?

Moi aussi je l’adore. On a mis beaucoup de temps à créer ce flamenco. On a d’abord commencé à le travailler avec Christina Hoyos, la reine du flamenco en Espagne. Cependant, le courant ne passait pas trop avec Marina alors on a décidé de changer de chorégraphe, et on s’est associé à Antonio Najarro Rodriguez et Pascal Gaona. Il reste néanmoins que Christina et son mari nous ont donné le pur style flamenco de base, une idée de ce qu’était cette danse, ils nous ont sensibilisés. Ensuite, Antonio et Pascal nous ont vraiment apporté le flamenco d’aujourd’hui. Etant danseurs à l’opéra de Madrid ils nous ont transmis quelque chose de fort, de vrai, et surtout de très efficace pour la glace. En effet, beaucoup de travail a été nécessaire pour transposer le flamenco sur la glace ; mais cela a été du plaisir dès le début. C’est une danse que je continuerais bien à travailler si je pouvais.

Lorsque tu écoutes cette musique (« Roméo et Juliette » de Prokofiev), à quoi penses-tu ?

 

Ca me donne des frissons d’entendre cette musique !

En fait, d’abord ça me fait penser au « Roméo et Juliette » de Prejlocaj. C’est un spectacle de danse que j’ai adoré.  Je l’ai vu deux fois, et bien avant qu’on ait l’idée de ce programme, mais c’est ce spectacle qui m’a tout de suite fait accepter de patiner sur le thème de Roméo et Juliette. D’autre part, la rencontre avec Shanti Rushpaul, la chorégraphe qui nous a proposé de patiner sur cette musique, a été essentielle. Un vrai changement dans notre carrière s’est opéré grâce à elle. C’est elle qui nous a, à mon avis, apporté le petit plus que personne n’arrive à comprendre aujourd’hui quand on nous regarde. Ce programme « Roméo et Juliette », c’est la naissance de ça, c’est le bébé, c’est la base de ce que l’on va pouvoir construire derrière.

Enfin cette musique, c’est des supers souvenirs comme Nagano…

A ce moment, pressens-tu les quatre années de folies qui vont suivre jusqu’aux prochains Jeux Olympiques ?

Je n’ai pas la sensation de ce qui vient derrière parce qu’a priori j’avais décidé que si l’on avait une médaille à Nagano, j’arrêtais. Et finalement quand on a une médaille à Nagano, que l’on n’est pas trop vieux, que l’on peut encore progresser et que quatre ans après on peut peut-être jouer une médaille d’or, alors on ne se pose pas de question. On a fait un bilan avec Marina et on a décidé de continuer jusqu’à Salt Lake.

 

 

Parle-moi de ce programme de gala « Yellow Submarine ».

On avait envie de faire un truc un peu délire, pour faire rire les gens, c’est ainsi qu’un jour j’ai eu l’idée du programme. Le problème c’est que l’on a monté trop vite cette exhibition. C’était sympa mais il y avait beaucoup d’imperfections. Surtout, un programme monté trop vite est moins agréable à patiner. En bref, ce n’était pas un chef-d’œuvre ! On a quand même bien rigolé, ça a amusé quelques personnes, et on s’est tout de même fait plaisir deux ou trois fois en le patinant !

Avez-vous hésité avant d’utiliser des palmes ?

Non. J’étais persuadé qu’on pouvait faire quelque chose avec des palmes ; j’ai réfléchi une petite après-midi pour trouver comment faire, j’avais déjà le produit en tête et ça a été réglé en deux temps trois mouvements !

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