Trois questions à
Francis Betsch, juge international

 

(Juin 2005)

Esprit Patinage : Quelle opinion portez-vous sur le nouveau système de jugement ?
Francis Betsch : C’est une évolution qui a été rendue obligatoire par le Comité International Olympique suite –entre autres– aux évènements de Salt Lake City. Ce système change complètement la méthode de jugement. C’est tout neuf pour l’instant, donc cela évolue encore.
Mais je pense que c’est plutôt intéressant. D’abord pour nous, les juges, parce que cela nous permet de voir les différents aspects du patinage et d’évaluer les performances de manière plus précise qu’auparavant. A moyen terme, pour le public aussi, car lorsqu’il aura compris qu’il existe un classement mondial, un système de points, de records, etc…, la nouvelle notation lui paraîtra d’autant plus attrayante. Enfin pour les patineurs, parce qu’ils ont l’impression d’être jugés plus précisément et donc plus justement –en tout cas je l’espère !

 

Esprit Patinage : Selon vous, y a-t-il, grâce à ce système, moins « d’erreurs » de jugements ? Les résultats sont-ils plus logiques qu’auparavant ?
Francis Betsch  : Il subsiste une difficulté pour estimer ce qu’on appelle les cinq notes de composante (ou component). Le reste est relativement bien cadré, notamment en ce qui concerne les sauts, les pirouettes, les séries de pas.
Je crois que récemment l’ISU a publié dans un séminaire les statistiques de l’année et il y a beaucoup moins de problèmes que pour les saisons précédentes.

Esprit Patinage  : Vous êtes juge international depuis bientôt vingt ans. En prenant du recul, comment analysez-vous l’évolution du jugement en patinage ?
Francis Betsch  : Je pense qu’il y a eu des tas d’évènements compliqués, difficiles à gérer. Mais on progresse ! De toute façon, c’est toujours pareil, on ne parle que des problèmes, la presse ne s’intéresse pas aux choses qui vont bien !

Propos recueillis par Anne-Claire LETKI