Interview

Stanick JEANNETTE

 

A la rencontre du Petit Prince de la Glace...

 

(Juin 2004)

 

Par Anne-Claire.

Il est un jeune homme au regard bleu azur qui laissera certainement son emprunte dans la glace du patinage français.

Un jeune homme un peu rêveur qui a découvert le patinage il y a bientôt vingt ans, et qui a su affronter les terrains glissants, se relever des chutes athlétiques et psychologiques, pour finalement entrer dans la lumière et graver son nom dans le cœur des spectateurs.

 

C’est au milieu des années 1980 que Stanick Jeannette chausse des patins pour la première fois, et ce…pour des raisons médicales ! Stanick marche en dedans, et son médecin préconise, entre autres, d’enfiler ses chaussures à l’envers, de patiner, de pédaler…

Ainsi, avec quelques voisins, ses parents l’inscrivent à la patinoire de Champigny.

Mais un peu turbulents, le petit bonhomme de Cergy et ses copains font beaucoup de bêtises… Jusqu’au jour où la bêtise est un peu plus grosse… Leur entraîneur, excédé, décide de les séparer plutôt que de les renvoyer. Stanick se retrouve alors dans un groupe intensif et n’a d’autre choix que de travailler…

Les années passent, Stanick entre dans l’adolescence et à 14 ans, il quitte sa famille, et se retrouve seul, un peu perdu. Bientôt commence une période difficile. En 1994, il se blesse gravement et se voit dans l’obligation d’arrêter le patinage pendant un an. Côté études, il suit un cursus général, mais juste avant le passage du baccalauréat, il fait ses valises et part en vacances à Los Angeles, avec Laurent Tobel, son frère d’adoption !

« Ce n’est pas une période très glorieuse de ma vie, mais je ne la regrette pas car j’ai su rectifier le tir. De retour des Etats-Unis, j’ai repris mon instruction, fait des équivalences, passé mon brevet d’éducateur. Et là, cette année, j’étais en IUP management.

En ce qui concerne le patinage, à la veille de mes vingt ans, j’étais à deux doigts d’arrêter. Alors, je me suis dit « soit tu reprends à fond, soit tu t’arrêtes et tu fais autre chose ». Et j’ai repris, je n’ai fait que ça, je me suis vraiment entraîné, j’ai travaillé sur le psychique, j’ai installé un entraînement professionnel avec des préparations mentales. »

Stanick Jeannette a si bien rectifié le tir qu’il est aujourd’hui deux fois champion de France (1999, 2000), et deux fois médaillé de bronze aux championnats d’Europe (2001, 2003).

 

« Mais, dis-moi Stanick, qu’est-ce qui te plaisait tant dans le patinage pour que ta motivation soit ainsi décuplée ?

 

A la base, ce qui me plaisait, c’était les sauts. Gamin, j’étais un gros sauteur. Je ne faisais que ça ! Je sautais partout ! Dans mon jardin, à l’école… Cela m’a d’ailleurs permis de faire des résultats assez rapidement. En effet, j’étais le premier à exécuter un double axel, ensuite un triple axel, puis un « quad » (quadruple saut).

Malheureusement, en 1994/95, je me suis blessé (déchirement d’un tendon). Après un an d’arrêt, c’était très dur de reprendre les sauts, donc je me suis plus axé sur la chorégraphie. Ce qui m’intéressait désormais, c’était les chemins non-explorés, comme l’artistique, la musique, les costumes… Je voulais faire autre chose. J’avais envie que les téléspectateurs, qui ne connaîtraient pas le patinage, et qui tomberaient sur moi par hasard, restent devant leur télé et ne zappent pas. Je refusais d’interpréter une énième fois le Lac des cygnes ou Carmen.

Cela dit, j’aime toujours sauter…même si c’est nettement moins facile quand on est un peu vieux !

 

Quelles sont tes plus grandes émotions sportives ?

 

Les émotions personnelles les plus intenses sont celles que l’on ressent lorsqu’on réalise des sauts pour la première fois, ou lorsqu’on les exécute pour la première fois dans un programme.

Les résultats sont aussi de grandes émotions sportives.

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